Bois

Souvent les sculptures sont habitées.
Les bois plus encore que les autres.
Des larves les taraudent de veines et d’artères.
Des araignées les habillent pour courir sur des fils empoussiérés.

Le bois dit-on travaille.
Même mort il bouge encore.
Il s’ouvre de fentes inquiétantes, qui laissent entrevoir ses entrailles.

Parfois les sculptures sont habitées.
Cette espérance me fait tailler ou modeler pour dévoiler une vie plus vibrante,
des mouvements plus expressifs, une présence plus intense.

Le sculpteur croit-on travaille.
Même rêvassant, il s’active encore.
Il se penche sur des visions inquiétantes, des boiteux, des suppliciés, des danseurs assassins.
Il sourit à des femmes qui se retournent et l’invitent.
Il s’ouvre à lui-même et laisse entrevoir ses pensées.
Travaillé par le bois, je reste vivant.

Frédéric Marquis